Pendant cinq jours, La Réunion devient la capitale des plantes aromatiques et médicinales. Du 30 octobre au 3 novembre 2026, l’île accueille la 11ᵉ édition du Congrès international des plantes aromatiques et médicinales, le CIPAM, annonce Free Dom. Chercheurs, professionnels de santé, producteurs, tisaneurs, entreprises et institutions s’y retrouvent pour parler biodiversité, savoirs traditionnels et filières économiques.
Plan de l'article
Un rendez-vous qui revient tous les deux ans #
Le congrès est organisé tous les deux ans. Selon son site officiel, il réunit des spécialistes du monde entier autour d’un objectif commun : approfondir les connaissances et promouvoir une valorisation durable des plantes aromatiques et médicinales issues des territoires d’outre-mer.
Ces territoires abritent une flore d’une richesse exceptionnelle, et des usages populaires transmis de génération en génération. À La Réunion, les tisaneurs perpétuent une connaissance fine des plantes de l’île, les « zerbaj » en créole, utilisées en tisanes et en préparations traditionnelles. Le congrès cherche justement à faire dialoguer ces pratiques ancestrales avec la recherche scientifique.
L’édition 2026 est coorganisée par l’Université de La Réunion, l’association APLAMEDOM et le Conseil départemental.
Le programme jour par jour #
30 octobre : l’ouverture institutionnelle
Le congrès s’ouvre le vendredi 30 octobre à l’Hémicycle du Département, à Saint-Denis. La journée réunit institutions, collectivités, scientifiques et acteurs économiques autour de tables rondes consacrées à la recherche, à l’innovation et à la valorisation des plantes médicinales. Le concours d’innovation Inno’zerbaj figure aussi au programme.
31 octobre : une journée ouverte au public
Le samedi 31 octobre, le congrès sort des amphithéâtres. Le Jardin de l’État, à Saint-Denis, accueille une journée gratuite avec des stands, des animations et des rencontres pour découvrir les plantes aromatiques et médicinales et les savoir-faire réunionnais. Le site officiel évoque des conférences accessibles, un marché péi et des ateliers de démonstration.
1er novembre : sur le terrain
Le dimanche est consacré aux visites de terrain et à la découverte des initiatives locales : jardins, producteurs, projets de valorisation. Une façon de voir de près comment les plantes passent de la nature à la tasse.
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2 et 3 novembre : place à la science
Les deux dernières journées se tiennent au Parc technologique universitaire de Sainte-Clotilde. Les scientifiques y présentent leurs travaux sur les pharmacopées traditionnelles, la biodiversité, les molécules naturelles, les innovations thérapeutiques et les questions réglementaires.
Les journées des 30 et 31 octobre sont gratuites, tandis que les activités du 1er au 3 novembre sont payantes, précise Free Dom. Le programme détaillé et les inscriptions se trouvent sur cipam.re.
Recherche : le projet TrétZerbaj en toile de fond #
La recherche médicale constitue un axe fort de cette édition. Le congrès s’inscrit dans la dynamique du projet TrétZerbaj, porté par l’Université de La Réunion et soutenu dans le cadre du programme France 2030. Ce projet s’intéresse à la valorisation scientifique des ressources végétales réunionnaises, en particulier pour la recherche sur les maladies infectieuses.
Un point mérite d’être rappelé : une piste de recherche n’est pas un traitement. Entre l’observation d’une activité en laboratoire et un usage validé chez l’humain, le chemin est long, et passe par des études cliniques. C’est tout l’intérêt de ces rencontres : confronter les savoirs traditionnels à des méthodes scientifiques rigoureuses, sans les opposer.
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Biodiversité et filière locale, deux enjeux liés #
Au-delà de la santé, le CIPAM met en avant deux préoccupations très concrètes.
Préserver la ressource. La cueillette sauvage, si elle n’est pas encadrée, peut menacer certaines espèces. Développer la culture des plantes médicinales, plutôt que leur prélèvement dans la nature, est une manière de protéger la biodiversité tout en garantissant une matière première de qualité.
Structurer une filière. Le congrès veut encourager le développement d’une filière locale capable de créer de nouvelles activités économiques, en rapprochant scientifiques, producteurs et entreprises. Pour un territoire comme La Réunion, la valorisation des plantes endémiques représente une piste de développement à part entière.
Ce que l’on peut en retenir au quotidien #
Pour les amateurs de tisanes et de plantes, ce congrès rappelle quelques principes simples. Une plante, même naturelle, contient des substances actives : elle peut avoir des effets indésirables ou interagir avec un traitement. En cas de doute, ou si l’on suit déjà un traitement, l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien reste indispensable.
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Il est aussi utile de s’interroger sur l’origine des plantes que l’on achète : mode de culture, traçabilité, conditions de cueillette. Les filières locales et transparentes, que le congrès souhaite justement développer, offrent davantage de garanties. Et si vous êtes à La Réunion ce samedi 31 octobre, la journée gratuite au Jardin de l’État est l’occasion idéale d’échanger directement avec les tisaneurs et les producteurs.




